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En cours Négociations techniques sur le scan des messages privés Prochaine étape Novembre 2026 (date non annoncée) · 7e trilogue : nouvelle tentative d’accord final

Décryptage

Faux positifs : quand l’algorithme vous prend pour un suspect

Photos de vacances, échanges entre adolescents : les chiffres officiels suisses, irlandais et allemands montrent l’ampleur des erreurs du scan automatique.

Les promoteurs de Chat Control promettent des algorithmes capables de repérer les contenus pédocriminels dans nos messages. Les chiffres publiés par les polices européennes racontent une autre histoire : une grande partie des signalements automatiques concerne des contenus parfaitement légaux.

En Suisse, 7 signalements sur 10 portent sur des contenus légaux

La police fédérale suisse reçoit les signalements transmis par le NCMEC, l’organisme américain auquel les plateformes rapportent ce que détectent leurs outils. En 2022, environ 71 % de ces signalements étaient inexploitables parce que le contenu n’était pas illégal : photos de personnes majeures qui paraissent jeunes, images de concours de mannequins… 6 % de plus l’étaient pour des raisons techniques. Seuls 20 % ont été transmis aux polices cantonales.

En Irlande, un signalement sur cinq confirmé

En 2020, la police irlandaise a reçu 4 192 signalements. Seuls 852, environ 20 %, étaient confirmés comme pédocriminels, et 471 étaient de faux positifs. L’ICCL, association irlandaise de défense des libertés, a révélé en 2022 que la police conservait des fichiers sur ces personnes, pourtant mises hors de cause.

En Allemagne, des adolescents dans le viseur

La police fédérale allemande (BKA) indique qu’en 2024, à peine plus de la moitié des signalements reçus étaient pénalement pertinents : 106 353 sur 205 728. En 2025, 48,9 % des suspects de diffusion de contenus pédocriminels avaient moins de 18 ans, souvent pour des échanges entre adolescents.

Les chiffres des plateformes ne disent pas tout

Dans son rapport de novembre 2025, la Commission reprend les taux d’erreur déclarés par les entreprises elles-mêmes : 0,12 % chez Meta, 0,54 % chez Google, 13 % chez Yubo pour le « grooming ». Même faibles, ces taux s’appliquent à des volumes gigantesques. Surtout, la Commission reconnaît que les données disponibles sont « insuffisantes pour donner une réponse définitive » sur la proportionnalité du scan.

Chaque erreur a un visage

Un faux positif, ce n’est pas une statistique. C’est une photo de famille examinée par un inconnu, un compte bloqué, parfois une enquête. Et chaque signalement erroné mobilise des enquêteurs qui manquent déjà de moyens pour traquer les vrais criminels : scanner tout le monde, c’est noyer les enquêtes sous le bruit.

Ce qui protège vraiment les enfants, ce sont des enquêtes ciblées décidées par un juge, des moyens pour les enquêteurs et la suppression des contenus à la source. Pas la surveillance automatisée de nos conversations.

Sources : rapport du Conseil fédéral suisse du 8 décembre 2023, p. 15 ; ICCL, 19 octobre 2022 ; BKA, 21 août 2025 ; polizei-beratung.de, 20 avril 2026 ; rapport de la Commission COM(2025) 740.

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